07/10/2026
Je choisis l'angle de la poésie de l’attente et du renoncement, pour sublimer le rythme naturel des saisons face au diktat du « tout, tout de suite ».
On me demande parfois pourquoi il n’y a plus de pivoines au début de l’automne. Pourquoi mes seaux ne débordent pas de grosses roses généreuses lorsque le vent commence à fraîchir et que les feuilles dorent.
Pendant longtemps, le monde nous a habitués à croire que le désir ne devait jamais attendre. Que la terre devait produire sur commande, qu’importe le mois, qu’importe la saison, qu’importe l'énergie que cela coûte à la terre et aux hommes.
Mais il y a une beauté sacrée dans le fait de ne pas tout avoir.
Ne pas avoir de pivoines en octobre, c’est laisser à l’automne la place d’exister pleinement. C’est ouvrir les bras à la grâce des fleurs d’ombre, à la légèreté des graminées, aux teintes cuivrées des feillages et à la texture rugueuse des lianes sauvages que je tresse doucement.
La nature ne se presse pas. Elle s’endort, elle ralentit, elle s’offrandes autrement. L’attente n’est pas une frustration ou une contrainte : c’est le berceau de la poésie. C’est ce qui rend les premières floraisons du printemps si précieuses, presque émouvantes, parce qu’elles ont été longuement espérées dans le silence de l'hiver.
Accueillir le rythme de la terre, c’est réapprendre à désirer au bon moment. C’est laisser la nature être notre plus beau guide, et célébrer la richesse unique de chaque instant.
Et vous, quelle est cette fleur que vous aimez tant attendre ?