Pentecôte..
L'esprit Saint !
Texte et vidéo de Chantal Guionnet Fusco
Copyright ADAGP Paris 2026
La Gazette des Arts/Reportages
"La culture, ce grand partage, sans quoi la vie ne serait rien"
10/05/2026
"Momies"... L''essence même de notre genèse
Pour célébrer le 10ème anniversaire de sa réouverture, en 2025, avec l'exposition "Momies" présentée - jusqu'au 25 mai - le Musée de l'Homme s'est penché sur l'enseignement de cette trace indélébile de notre histoire.
Bien plus qu'une recherche scientifique, il s'agit de mettre en exergue un parcours... Interrogation de notre finitude afin de donner un sens à la mort conçue, dans nombre de sociétés, comme une "continuité, une présence, un passage."
Dans un rituel raisonné, en Egypte, l'embaumement du corps participait ainsi à l'accompagnement de l'âme dans l'au-delà.
Témoins séculaires, nous observons chez les Chincorro d'Amérique du Sud, des rites funéraires devenus - depuis lors - célèbres.
Quant aux Tojara d'Indonésie, nous sommes en présence de traditions où les morts font partie de la vie quotidienne.
Des momies qui nous instruisent, avec intérêt, comme le précise Aurélie Clemente-Ruiz - directrice du musée -sur "les sociétés anciennes, les modes de vie, l'alimentation, les maladies, les pratiques funéraires, les migrations".
Entre effroi et fascination, elles participèrent et furent les pierres angulaires des recherches et de l'essor de l'archéologie fin XVIIIème siècle.
Geoffroy Saint-Hilaire, professeur au Museum d'Histoire Naturelle ou Dominique Vivant-Denon, futur directeur du Louvre accompagnèrent les quelque 167 scientifiques présents, lors de l'expédition égyptienne de Bonaparte entre 1798 et 1801. Fouilles et études qui déclenchèrent un engouement pour cette Egyptomania naissante, construisant un imaginaire symbolique fait d'interprétations magistrales.
Gros plan sur "Le roman de la momie" de Théophile Gauthier.
Dans un tout autre registre, Edvard Munch peint moult versions de son "Cri" inspiré de l'homme momifié Chachapoyas, découvert à l'Exposition universelle de 1889. Gauguin y fut également sensible...
Mystères qui continuent d'éclairer l'art contemporain, dans leur esprit d'entreprendre et de comprendre un autre langage.
Remarquons "Rien" de Jean-Michel Alberola, néon traçant le mot "rien" en évoquant un crâne...
Admiration que nous propose donc, à travers une riche collection dans une mise en scène savamment orchestrée, le Musée de l'Homme afin de rendre compte de ce regard sur les vestiges si parlants de notre passé.
Chantal Guionnet Fusco
Éclat de lumière
Texte et vidéo du dessin de Chantal Guionnet Fusco
Copyright ADAGP Paris 2026
11/04/2026
L'art... Pour voir la vie en rose !
Pour la deuxième année consécutive décrétée "Grande cause nationale"... L'ADAGP (société de gestion des droits d'auteurs en matière graphique) se devait de structurer une discussion sur la problématique de la "santé mentale"... L'impact que peut exercer sur elle, la sphère artistique et sa probable prise en charge par les systèmes d'assurance.
Au titre provocant voire déroutant, par son approche, la récente table ronde sur le thème "Art et santé" organisée dans ses locaux portait le titre non moins révélateur : "Et si les expos étaient remboursées par la Sécu ?"
Autour de professionnels tels le neurologue Pierre Lemarquis, Sarah Roshem artiste et docteur en Art et Science de l'art, Nathalie Bondil muséologue ou Judith Ricard éducatrice spécialisée en institut médicoéducatif (IME)... Il fut question de liens comme autant de connexions établies entre le champ artistique et sa promiscuité avec l'expérience scientifique.
"Un jour on saura peut-être qu'il n'y avait pas d'art, mais seulement de la médecine" professera alors l'écrivain J.M.G Le Clézio. Constat positif lorsqu'on examine son incidence sur le cerveau... Celui-là même qu'il "sculpte, caresse" affirmera Pierre Lemarquis.
"Flot cérébral" dynamique et constant... Dans ce réceptacle "d'informations captées" traitées par "les sens" puis transformées - en second temps - par ce "système du plaisir et de la récompense." qui suscite chez l'être de nouveaux rapports féconds par leur engagement.
"Un bien-être, une qualité de vie" ressentis chez nos acteurs... Un substitut au médicament conçu comme un véritable "soin de support" constate, dans son exercice Sarah Roshem. Par cette option, l'être éprouve le besoin de se soigner, d'aller plus loin dans l'épreuve... "Guérir ce qu'il y a autour de la maladie propre" pour mieux appréhender la souffrance et vivre avec...
Dans l'extase, la stimulation, l'émerveillement, il y a sécrétion de neurotransmetteurs qui activent le circuit du plaisir.
Autant d'enzymes qui apaisent nos âmes et nous donnent l'énergie vitale. A ce niveau, il agit au même titre qu'un médicament.
Dans ce contexte, on dira alors que l'oeuvre n'est rien d'autre que "le reflet de nous-mêmes"... Le besoin impérieux vécu, dans cette forme, comme un "allez et retour", illustrant ' peut-être - la compréhension de situations déstabilisantes, de ces troubles disharmonieux qui nous font face, comme du plus profond de notre passé.
"Le rôle du muséologue est, à ce stade capital !" affirment les deux spécialistes. "Par cette démocratisation de l'art, ce franchissement de barrières, nous sommes en phase avec un autre monde performant, révélateur de sensations fortes, de regards nouveaux. En Belgique, au Canada, mais aussi en France à Nice... La prescription médicale muséale n'est pas un leurre, mais une réalité tangible"
Cette "Expérience d'être" réflexion indispensable décrite par Winnicott, comme évolution, création... Symbole de vie !
Ce "pouvoir de l'esprit sur le corps" que signifiera J.M Charcot. "Faire parler le corps, sans mots" pour éveiller les sens par un processus enrichi de découvertes probantes, exercées chez nombre de malades atteints de diverses pathologies.
Une discussion qui éclaire donc le chemin de progrès que l'art et la science mettent en lumière, pour un avenir porteur d'espoir...
Chantal Guionnet-Fusco
07/04/2026
Maurice Utrillo peignant Montmartre .
1951. Paris
Apparition
"Fais de ta vie un rêve, et de ton rêve une réalité."
Antoine de Saint-Exupéry
Texte et vidéo du dessin de Chantal Guionnet-Fusco Copyright ADAGP Paris 2026
Phénomène de printemps
Texte et vidéo de Chantal Guionnet Fusco
Copyright - Paris - 2026
22/03/2026
Voyage au coeur de l'histoire...
Cet année, et ce jusqu'au 25 mars, le printemps célèbre notre mémoire collective pour nous entraîner à travers l'exposition "Le domaine national de Saint-Cloud inspire les artistes 1870-1970", dans cet espace magnifique, chargé d'évènements, à la gloire d'un passé qui suscite constamment notre curiosité...
Cinq artistes contemporains y sont présentés mêlant tous styles, du romantismes à l'impressionnisme en passant par le modernisme.
Ainsi, en plein air, sur des panneaux, quelque 48 oeuvres de Delaunay, Kandinsky, Malaval, Hopper, le douanier Rousseau ou Gabrièle Munter se côtoient dans cet endroit, villégiature des familles princières, célèbre château d'Aulnay acquis en 1577 par Catherine de Médicis...
Philippe d'Orléans - frère de Louis XIV - le fait agrandir pour tomber en ruine après un incendie...
Après d'importants travaux de restauration, il sera réhabilité pour connaître une nouvelle ère et une renaissance certaine.
Pour quelques faits marquants... Napoléon y est sacré empereur le 18 mai 1804, son second mariage avec Marie-Louise d'Autriche y sera célébré.
L'ensemble du domaine est classé monument historique en 1994, c'est le Centre des Monuments Nationaux qui en a la charge...
Joyau du patrimoine national, c'est donc un véritable plaisir de parcourir ces 480 hectares de verdure et de paysages dessinés par les plus grands, illustration des jardins à la française que le monde nous enviera tant !
A redécouvrir absolument...
Chantal Guionnet Fusco
13/03/2026
Le temps suspendu !
Pour entrer dans l'histoire, comment s'étonner que Pierre Bonnard fut - dès la fin XIXème - le précurseur du "Nabisme"... A l'étymologie propre, désignant, en hébreu "celui qui est ravi dans une extase", cet être porté "par les paroles de l'au-delà", dans ce courant proche par sa composante du "Symbolisme", creuset d'une vision ésotérique, qui en retient les effets, tentant ainsi d'observer et de s'inspirer des mystères du monde pour les transcender dans la création.
A la fois, peintre, sculpteur, illustrateur, décorateur, il apprit de cette nature sauvage, qu'il ne sera nullement question de discipliner, les ferments et le style qui devaient marquer son oeuvre.
La beauté, tout comme le bonheur sont des natures fragiles qui - sur sa toile - à l'instar de Paul Gauguin - prennent, par leur fulgurance, une signification particulière que la forme et la couleur déploient dans leur singularité.
Allusion sans cesse renouvelée à la primauté de cet étendard, essence de nos vies, à l'heure même où l'image de l'environnement est ternie.
Ecologiste, avant l'heure, il proclame sa fierté à dépeindre cet art au service d'une vision panthéiste qu'il travaille, façonne, adapte aux circonstances.
En somme, Pierre Bonnard est un aventurier, dont chaque foulée est porteuse de sensations nouvelles, couvertes d'énigmes, de messages distincts... Aveuglé par cette lumière que l'on ne peut décrire, éblouissante au plus haut point... Pour nous confondre avec le regard de cet oeil invincible qui nous porte sur les rivages d'une dimension métaphysique.
Chantal Guionnet Fusco
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