01/05/2026
LA « VICTIMISATION » ET LES BAMILEKE
Tu racontes l’histoire réelle de ton peuple…
Et dans les commentaires, tu ne lis qu’un seul mot : “victimisation”.
Souvent prononcé par des personnes qui ne sont même pas concernées, qui ne connaissent ni ton histoire, ni tes blessures, ni ta mémoire.
Mais dites-moi…
En quoi le fait de raconter notre histoire vous dérange-t-il autant ?
Pourquoi le simple fait de parler de notre vécu devient-il un problème ?
Pourquoi notre mémoire vous met-elle mal à l’aise ?
Quand nous parlons, ce n’est pas pour nous plaindre.
Ce n’est pas pour attirer la pitié.
Ce n’est pas pour opposer.
C’est pour rappeler.
Rappeler ce qui a été vécu.
Rappeler ce qui a été effacé.
Rappeler ce que certains préfèrent oublier.
Le peuple Bamiléké, comme tant d’autres, porte une histoire lourde.
Une histoire marquée par la résistance, par la lutte, par des périodes sombres comme la guerre du maquis, par des violences, des pertes, des silences imposés.
Et aujourd’hui encore, quand cette histoire est évoquée, elle dérange.
Alors on réduit tout à un mot : victimisation.
Un mot facile, un mot rapide, un mot qui évite de réfléchir.
Raconter son histoire, ce n’est pas se victimiser.
C’est refuser l’oubli.
C’est préserver une mémoire collective.
C’est transmettre une vérité aux générations futures.
C’est honorer ceux qui ont vécu, ceux qui ont souffert, et ceux qui ne sont plus là pour parler.
Se taire, ce serait accepter l’effacement.
Se taire, ce serait trahir nos ancêtres.
Se taire, ce serait laisser d’autres écrire notre histoire à notre place.
Nous ne cherchons pas la pitié.
Nous cherchons la reconnaissance.
Nous ne cherchons pas à opposer.
Nous cherchons à transmettre.
Notre histoire nous appartient.
Et nous avons le droit non, le devoir de la raconter.
Je Suis Bamiléké, I Am Grassfield 2.0
fans