28/10/2026
Vivre avec un animal fait-il de nous les propriétaires de sa parole ?
Aujourd’hui, j’ai envie de parler d’un sujet qui me fait réagir. Et je sais que ma position fera peut-être grincer quelques dents.
Dans certaines chartes de communication animale, il est demandé d’avoir l’accord du propriétaire avant de communiquer avec son animal.
Mes élèves me posent parfois cette question :
« Mais si c’est l’animal qui vient vers nous ? »
Eh bien, pour moi, ça change tout.
Si un animal cherche spontanément à échanger avec moi, je ne vais pas lui répondre :
« Ah non, attends, je dois d’abord demander la permission à ton humain. »
Ça me pose un vrai problème.
Parce que dans cette histoire, on parle de l’accord de l’humain… mais quelle place laisse-t-on à l’envie de l’animal ?
Avant même de parler de communication intuitive, les animaux s’expriment déjà par leur comportement.
Un regard, une posture, un miaulement, une façon de s’approcher ou de prendre ses distances… Tout ça nous donne des indications, à comprendre dans leur contexte.
Et ils le font avec leur humain, mais aussi avec d’autres personnes.
Quand je croise quelqu’un dans la rue et qu’il me dit bonjour, je lui réponds. Pourquoi faudrait-il forcément une permission pour écouter un animal qui vient vers nous ?
Dans ma pratique, il m’arrive aussi de sentir qu’un animal cherche à entrer en communication avec moi. Ça peut arriver pendant une promenade avec mon chien, en pleine campagne, au détour d’une rencontre.
Parfois avec un animal domestique. Parfois avec un animal sauvage.
Et pour l’animal sauvage, je demande l’autorisation à qui ?
Ce qui me dérange, c’est cette idée que l’humain devrait toujours décider à la place de l’animal. Même quand il s’agit de choisir avec qui entrer en relation.
À mes yeux, c’est encore une façon de nous placer au-dessus de lui.
Partager sa vie et prendre soin de lui nous donne des responsabilités. Mais est-ce que ça nous donne le droit de décider de tous ses échanges ?
Moi, je défends le libre arbitre animal.
Son envie de venir vers nous. Son envie d’échanger. Et tout autant son envie de rester tranquille ou de mettre fin au contact.
Écouter, ça demande aussi de respecter un refus, de garder du recul sur ses ressentis et de faire la différence entre ce qu’on observe et ce qu’on pense percevoir.
Ensuite, je reste responsable de ce que je choisis de transmettre à son humain, et de la manière dont je le fais.
Je sais que des collègues verront les choses autrement. On peut en discuter avec respect. Mais sur ce point, ma position est claire : je refuse de fermer la porte à un animal qui me semble demander à être écouté, simplement parce que son humain n’a rien demandé.
Et vous, quelle place laissez-vous au choix de l’animal dans cette question ?