28/10/2026
[L’espèce hebdo - Le Tournepierre à collier] Bijou de nos plages
🔎Ce visiteur passager et hivernal de nos côtes échappe au regard des observateurs non avertis grâce à son plumage cryptique. Celles et ceux qui réussissent à le repérer, découvrent un limicole au comportement intrigant. Le Tournepierre porte en effet bien son nom puisque pour se délecter de son repas, il tourne et retourne les pierres, coquillages et algues de nos plages. Malgré son plumage plus terne en hiver, on le distingue des autres limicoles grâce à son bec court, sa silhouette trapue et ses pattes orange, bien que souvent brunies par le sable et la vase. Son dos noir et marron contraste avec son ventre blanc ainsi que son cou et sa poitrine portant une bande noire. Cette bande, particulièrement marquée en période de reproduction, évoquant un collier est à l’origine de son nom.
🌿 Le Tournepierre se retrouve principalement sur nos côtes rocheuses et petites baies sableuses ou vaseuses, il peut aussi se rencontrer sur les digues, jetées, les ports ainsi que les vasières et les plages dotées d’une laisse de mer. Les laisses sont des cordons de dépôts composés de débris naturels (coquillages, algues, os de seiche, bois…), situées en haut de plage. Son alimentation est variée, en dehors de la période de reproduction, il consomme majoritairement des vers marins, des crustacés et des mollusques (balanes, moules, gammares…), mais aussi des insectes sur ses territoires de nidification.
🧐 Le Tournepierre se reproduit dans le Grand Nord (Alaska, Canada, Groenland à la Sibérie orientale, Suède et Danemark) proche de rivage pourvu de zones nues et de végétations basses. Cette période de reproduction s’étend de fin avril à juillet. Les populations de nos côtes sont donc observées en dehors de cette période, certains individus ne font qu’halte avant de continuer leur chemin vers l’Afrique tandis que d’autres y séjournent pour l’hiver entier.
📈 L’espèce est protégée à l’échelle nationale. Les dénombrements des oiseaux d’eau effectués à la mi-janvier (Comptage Wetlands) indiquent une tendance de forte augmentation, 6,6%, sur la période s’étendant de 1980 à 2025. Le comptage hivernal de 2025 estime la population à 25 804 individus sur le territoire national. Les effectifs se retrouvent majoritairement sur la façade atlantique : le littoral breton, la presqu’île Guérandaise, l’île d’Oléron, l’île de Ré et le bassin d’Arcachon abritent les plus grandes concentrations.